Syndicat National des Guides de Montagne

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Les guides et les agences de voyages

Cette réflexion résulte de la synthèse des réponses au questionnaire " travail en agence : questions, réflexions, cris... ? "
Évolution des pratiques

Les guides travaillant en agence voient la pression commerciale augmenter d’année en année : les agences se multiplient, les offres également, la nécessité de rentabilité est de plus en plus un facteur qui modifie les produits, qui les créé ou qui les fait disparaître. Ainsi, certaines destinations, certains stages " pas assez rentables " ne sont plus proposés par les agences. Il s’en suit un appauvrissement qualitatif de l’offre, parfois quantitatif.

L’offre se banalise dans des pratiques de moins en moins techniques, de moins en moins " haute montagne " (" les guides marchent sur les glaciers "). De nouveaux produits apparaissent mais souvent formatés, comme un pur produit de marketing, afin que l’agence ne prenne pas trop de risque en la publiant sur un catalogue (on créé un produit où on ne marche pas plus de x heures, avec un dénivelé de y mètres maximum...). Conséquence : il existe une difficulté à proposer des produits plus techniques ou plus " haute montagne " à une clientèle qui a de moins en moins la notion de ce qu’est l’alpinisme (ainsi que le ski de randonnée, l’escalade de grandes falaises, les expés).

Cette évolution n’est pas seulement le fait des agences et s’inscrit aussi dans une tendance générale de la société. Le " goût de l’effort " tend à disparaître.

L’appel des cimes, sa dimension poétique, voire spirituelle, est-elle une valeur vieillissante ? Les guides n’ont peut-être pas été à la hauteur pour expliquer et révéler la richesse qui est celle du montagnard, celle que l’on découvre en soi.

N’ont-ils pas eu d’arguments pour contrer la montée d’activités qu’ils considèrent généralement comme moins nobles car plus faciles, moins engagées, moins valorisantes (activités concurrentes proposées en montagne, réalisées à la demi-journée, activités " zapping ") ?
Commercialisation de la montagne

L’ensemble des guides insiste sur l’importance de la bonne information au moment de la commercialisation, mais en même temps sur la difficulté de " vendre " la montagne et n’envisagent qu’une collaboration toujours plus grande entre eux et les agences. Celles-ci occultent trop souvent l’information vraie, celle qui avertit et dirige les clients vers un produit qui, non seulement leur convient, mais va aussi les ravir, leur apporter un vrai bonheur.

Les guides croient au rôle de premier plan qu’ils peuvent jouer dans l’élaboration des propositions destinées à la clientèle, en faisant jouer leur image, leurs compétences et leur connaissance du terrain. Ils veulent influer sur le devenir du métier au sein des agences en apportant leur éthique et leur vision du travail en arrêtant, quand c’est nécessaire, la main mise des " marchands ".

Ils veulent la reconnaissance de leur engagement et que se traduise, par des rémunérations justes, l’importance de leur rôle dans le succès que remportent les agences.

Henri Vincens
Guide de haute montagne
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